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samedi 30 octobre 2010

La valise

Une valise qui court là ce matin sur le quai. Grise à la roulette, un métal froid qui vrille le corps. 

Une main qui la tient, longs doigts fins. Au bout de cette main un soutien-gorge chemisé sous le manteau.  

 Les épaules, une voix légère. Des épaules qui tremblent. 

 Silhouette élancée, cheveux grisonnants aux tempes. Un temps qui se fige. 

 Un départ annoncé, une fuite toujours. Pas pressés pour oublier ce qui pourrait être. 

 Des mots en noir sur l'écran, le coeur se fendille. 

Le mois de la photo

 Durant tout novembre, expositions de photos d'artistes du monde entier ! Ce samedi direction la fondation Henri cartier Bresson pour découvrir Harry Callahan - variations. 

          "Je voulais voir combien de photographies différentes je pouvais rassembler en jouant avec les variations d'une même idée" 

          "La photographie est une aventure, tout comme la vie est une aventure. Si une personne veut s'exprimer photographiquement, elle doit absolument comprendre sa propre relation à la vie." 

vendredi 29 octobre 2010

Noir sur blanc

 Encore une nuit, encore des songes qui me tiennent éveillée. Pourquoi ne pas rêver en dormant ? Moins tortueux se serait pour moi. Je ne sais comment m'y prendre. Comment prendre le sommeil et rendre mes nuits moins blanches. Le noir des mots qui apparaissent sur l'écran me rassure. 

 Des nuits en noir et blanc, un cinéma de quartier. Il me faudrait, là, un pinceau, de la couleur à verser sur mes nuits et sur mes jours. 

 

L'ordre et le désordre * funambule 14

 Etre aux ordres, comme un petit soldat. Toujours au garde à vous au plus petit claquement de doigt. Est-ce là la liberté ? Un ordonnancement des désirs, des priorités. Une promesse d'être là toujours, relever l'autre toujours, le remettre en selle lorsqu'il chute. Un ordre établi.

Cheveux en bataille, mèches rebelles. Un ébouriffement des sentiments, des épis piqués au coeur. Un branlebas de combat qui n'aura pas lieu faute de combattants. Une paix qui est là dans le tumulte du silence et qui tout à trac en vrac empêche toute lutte. Emporté, balloté par la vague. Peu de répit, une urgence à assouvir dans le désordre.

A tout bien pesé l'ordre et le désordre font contrepoids dans la balance de la vie. Un fardeau à porter, vissé à soi dans le désir et l'amour. A la vie à la mort. 

Rester sur le fil, au ras de la lame, et courir au moindre claquement de doigt, cheveux en bataille, visage égratigné par les épines. Une guerre de chaque instant, un territoire à conquérir, une carte du Tendre épinglée au bout du coeur. 

Un désordre amoureux. 

Une pluie de papillons* funambule 15

 Mes cils, baguettes de tambours balaient sans cesse les aller retours. Les "je t'aime, un peu, beaucoup", les eaux des fleuves qui me poussent à la noyade.

Au beau milieu du désordre, pousse la plus belle des fleurs sauvages ; l'imaginaire. Une plante de l'infini, un pays couleur de nos yeux et de nos rires mêlés. 

Un étonnement à te lire, à me lire. Dans un instant de déroute incandescente, les mêmes mots accouchés de nos vies.

Alors oui, juste pour cela, rester là pour respirer le même air, expulser les mêmes cris que toi. Je saute à pieds joints sur les aiguilles du temps, être à janvier auprès de toi. Attends-moi. 

mardi 26 octobre 2010

9H00 tapantes

 Le temps s'est arrêté, 9H00 à la montre.  

Impossible à expliquer, un fragment d'urgence qui vient tout ralentir. Un chemin qui s'ouvre et le temps n'a plus prise. Oui, c'est cela exactement, une pause et rien n'y fait, impossible de se coller à la réalité. 

Le fil est très haut, l'équilibre tient du miracle. L'équilibriste, n'a pas touché terre et c'est bien. Une escalade pour atteindre le toit des mondes et se laisser couler dans le précipice. Chute vertigineuse, le coeur se décroche. 

Une journée dans les brumes du ciel. Une dont on se rappelle lorsque les aiguilles se remettent à tourner... 

 

mercredi 20 octobre 2010

Je suis, multiple...

 Bientôt avec Laurence... 

 Pietragalla " la tentation d'Eve"

 

 "Je suis, multiple, à travers cette histoire collective qui nous révèle nos peurs et nos chimères, j'avance, je tâtonne, je trébuche, mais je reste l'éternel Féminin." 

                   Marie-Claude Pietragalla 

 

 c'est cela K ! je suis, multiple oui, pleine de peur et de chimères. Je tatonne et je trébuche mais toujours vers l'instant d'après, forte de l'instant d'avant même si je n'ai fait que l'imaginer. 

lundi 18 octobre 2010

Défi n° 40 - Juste avant...

 DECRIRE L'INSTANT "JUSTE AVANT" . Proposé par Harmonie

Une impatience indiscible

Collée à la peau

rideaux tirés, porte close

Une cigarette allumée

Un engourdissement de la conscience

Un manque, une absence

Un buvard blanc couleur de la nuit

Absorbe la peur

Un battement du sang à la tempe

A fleur de peau

Une musique qui étire les nerfs

Un tremblement de la lèvre

Un frémissement du bout des doigts

Juste avant toi

Contre moi

vendredi 15 octobre 2010

Hambre hombre

 Hombre, 

Approche cette lampe, 

Viens près de moi, la poser 


 Hambre hombre, 

 Dévore dans ma main, 

 Un peu de la lumière 


 Un calque en contre-jour 

 Laissé là sur le sol 

 Donne le  "la" 

 De la déconfiture 

 

Un dessin à la frontière 

De soi 

Une poudre écrasée 

 Sur le papier 

 

Une ombre de moi 

Dessinée à ta bouche 

Hambre hombre 

 Qu'as-tu fait de moi ? 

mardi 12 octobre 2010

Suivront mille ans de calme

 Attachment.png Suis allée voir cette compagnie si attachante de Angelin Preljocaj-maître de la danse contemporaine - au Palais de Chaillot avec Laurence. Une belle soirée pour nous deux je crois. 

 

 Encore une fois transportée, soulevée vers le ciel par cette troublante relation corps-désir-danse. Des éclats de lames tranchantes...Le thème en est l'Apocalypse, je n'y ai vu que le désir...Un même aboutissement sans doute. Le renversement de la Terre et des certitudes, une violence dans le mouvement qui mène au néant. 

  

 Un ballet magnifique, une précision du geste qui fait frémir. Des corps splendides jetés dans des corps à corps à couper le souffle. des voiles posés à terre sous lesquels les corps se glissent, s'emballent et se froissent dans la main de Dieu. 

 

 La musique de Laurent Garnier y ajoute vigueur, violence et un tranchant que j'adore. 

 

  Attachment_1.png

 

 Et puis, contre le mur ce couple dans une danse d'amour. Elle les yeux bandés plaquée au mur et lui qui la colle la porte l'embrase. Une merveille ! 

 

 Une belle émotion. Attachment_2.png

lundi 4 octobre 2010

Dans l'embrasure

 J'y suis, octobre... 

 Ce mois que je chéris tant je ne sais trop pour quelle raison. Sans doute pour la mélancolie qu'il dépose là. 

 Un ciel à se damner. des lambeaux de nuages comme des chairs meurtries. Des rêves éffilochés.Des bâtons de pluie comme des baguettes sur la peau du tambour fracassent le jour. Peau craquelée des bogues, épines contre mes joues. 

 Une lumière du soir digne d'une "nuit blanche" à Paris. Une présence quasi divine qui tire vers le ciel, embrase et consume la vie d'ici-bas.

 Une parenthèse, un pont sans doute entre la chaleur du soleil et le froid à venir. Une charnière en quelque sorte. Un pas de porte, oui tiens ! une embrasure où je me tiendrais là entre deux mondes. Des voiles à soulever pour passer à "deux mains". 

  Une embrasure couleur d'or et de rouges mêlés. Une ode à la beauté. Un chapelet de pépites au coeur. Des champignons vénéneux à ramasser. Un poison de douceur à mâcher. 

 Souffles mêlés, vitres des trains embuées. Des marrons dans les poches.

 Octobre, mon mois de coeur.