Ce jour là viendra
Dans un éclat de rosée
Cueillir ton passé
Paupières cousues
Tu laisseras les rêves
Tomber à tes pieds
L’écrin de tes mains
Portera la parole
Au printemps muet.
Ce jour là viendra
Dans un éclat de rosée
Cueillir ton passé
Paupières cousues
Tu laisseras les rêves
Tomber à tes pieds
L’écrin de tes mains
Portera la parole
Au printemps muet.
la pluie en ton chant
Parfume les cœurs blessés
Oiseau guérisseur
Danse des nuages
Dessin de tes ombres portées
File la laine
Ta peau à sa peau
Dans un déluge fleuri
Souffle de printemps
Perle d’eau
Elle enjambe
Les caniveaux
Les langues de terre
Baignées dans ses parfums
Laissés là en jachère.
Des clapotis de l’eau
Ne naissent
Que de vilains crapauds
Elle troquerait bien
Pour un brin d’amour
Les peaux de lapins
Accrochées à sa taille
Elle le suivrait où
Qu’il aille
Pourvu que sous ses pas
Il y ait des jours sans faim
Que dans ses bras
Des milliers d’oiseaux
Pépiants à tous les vents
Écartent les roseaux
Et laissent passer l’enfant
Le chant de la eau
Dans ses yeux
Agité ses grelots.
Assise sur ses genoux, côté droit de la longue table.
Assise sur ses genoux, côté droit de la longue table. sur la nappe de toile cirée. Le monde s’ouvrait à ma soif d’apprentissage et tu en étais le maître de cérémonie. Ces deux tomes me semblaient si énormes que j’étais, la nuit, écrasée sous eux et me réveillais suffocante et trempée.
De tous les trésors contenus dans ces deux volumes, tu restes le plus grand. Grand-père, page 1030. Les lignes se troublent.
Figure emblématique de mon enfance
J’ai aimé ta lenteur en toute chose
Ma main dans la tienne, tes mots comptés
Ton crayon critérium noir et ton journal.
Ton béret vissé à la tête, France triomphante. « Ne sors pas sans ton cache nez, tu vas prendre froid. Et met ton gilet. »
Je t’ai vu ce jour là dans le lit de la grande chambre où j’ai si souvent dormi. Dans la douleur d’un cœur qui tout à coup battait trop fort, trop vite alors que tes mains et tes jambes ralentissaient leur allure de jour en jour,
Tu es parti un mercredi de mes quatorze ans à l’heure du goûter et pourtant ta main tient toujours la mienne.