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vendredi 30 novembre 2012

La vie la nuit

​Une orange, nuit

La peau craque

quartiers odorants 

sous la dent 


songes, 

fruits 

à manger crus 

mardi 20 novembre 2012

Petit jour

​Déchirement de la nuit 

 enveloppe éclatée 

 Naître du noir 

 n'être que 

                         grain du jour 

dimanche 18 novembre 2012

Des mots

Assassins

Tempête 


soupirs 

grappes d'ivresses 

perles de pluie 

 

quelques mots

jetés 

du bord des lèvres 

           

            dans l'oublieux silence

jeudi 8 novembre 2012

hors

​Les nerfs se roulent en pelote 

A te détricoter les sens 

Basculer hors 

Il faudrait basculer hors du cadre 

et mordre les mots nus 

 

mercredi 7 novembre 2012

Alors

​Déboulés, déroulés 

Espace habité, 

approprié 


Tout se tient 

suspendu

Au fouillé des notes 

au tempo des mots 

au tracé sur la page 


alors tu lis, tu écoutes 

tu chantes, tu danses 

tu brodes à ton ciel du jour

 

                     encore et encore. 

 

Ouragan - Laurent Gaudé

​La Nouvelle-Orléans. 

Tempête annoncée. 

On plonge alors dans les eaux tortueuses de l'esprit humain confronté à l'implacable loi de la Nature. 

Noirs, blancs, hônnetes gens ou malfaisants, mêlés, emmélés dans la peur. 

Le vérité prend corps d'où qu'elle vienne. Et la mort rôde et vous happe à chaque rencontre. 

 "...Nous ne sommes pas à l'échelle de ce qui va venir. Le vent va souffler et il se moque de nous, ne nous sent même pas. Les fleuves déborderont et les arbres craqueront. Une colère qui nous dépasse va venir. C'est bien. Les hommes qui restent et verront seront meilleurs que les autres. Nous allons tout perdre. Nous allons nous accrocher à nos pauvres vies commes à des insectes à la branche mais nous serons dans la vérité nue du monde. Le vent ne nous appartient pas. (...)Mois, Josephine Linc. Steelson, pauvre négresse au mileu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule mais j'ai hâte, car il y a de la noblesse à épreouver son insignifiance(...)" 

Et puis l'amour qui est. 

 "Il n'y a que là, que dans ses bras à elle que les voix se taisent, et les flammes s'éteignent. Il n'y aque là et, en le lui disant, c'est comme s'il déposait sa vie à ses pieds. Elle le sait, elle le sent, elle lui prend le visage dans les mains et l'embrasse. Ô le long baiser qui dure et soulève les vies, balaie la poussière de nos errances. Il ne bouge pas. IL sent ses lèvres qui effacent sa vieillesse. Ses lèvres qui balaient les peurs inutiles et la fatigue de vivre."

Un beau roman. 

Alors

​Déboulés, déroulés 

Espace habité, 

approprié 

Tout se tient 

suspendu 

Au fouillé des notes 

au tempo des mots 

au tracé sur la page 

 

alors tu lis, tu écoutes 

tu chantes, tu danses 

tu brodes à ton ciel du jour 

                     encore et encore. 

 

dimanche 4 novembre 2012

Petite fille

​Heures passées 

 genoux pointus 

 au chant des vagues 

 Le sable s'écoule au tamis


 Ça glisse, tout fin 

 cheveux d'ange 

 à la caresse du vent 

 Le sable s'écoule au tamis


 Les chateaux se font 

 au grelot de ton rire 

 paradis de l'enfance 

 Tes doigts tamisent le temps 

 Chateaux engloutis, piétinés 

 Tu t'es faite à l'idée 

 De guerre lasse 

 

 Le temps file entre tes doigts 

 Le sable rugueux 

 à la peau 

 t'arrache des embruns 

 

 Le temps, tu sais bien...