Une orange, nuit
La peau craque
quartiers odorants
sous la dent
songes,
fruits
à manger crus
Une orange, nuit
La peau craque
quartiers odorants
sous la dent
songes,
fruits
à manger crus
Assassins
Tempête
soupirs
grappes d'ivresses
perles de pluie
quelques mots
jetés
du bord des lèvres
dans l'oublieux silence
Les nerfs se roulent en pelote
A te détricoter les sens
Basculer hors
Il faudrait basculer hors du cadre
et mordre les mots nus
Déboulés, déroulés
Espace habité,
approprié
Tout se tient
suspendu
Au fouillé des notes
au tempo des mots
au tracé sur la page
alors tu lis, tu écoutes
tu chantes, tu danses
tu brodes à ton ciel du jour
encore et encore.
La Nouvelle-Orléans.
Tempête annoncée.
On plonge alors dans les eaux tortueuses de l'esprit humain confronté à l'implacable loi de la Nature.
Noirs, blancs, hônnetes gens ou malfaisants, mêlés, emmélés dans la peur.
Le vérité prend corps d'où qu'elle vienne. Et la mort rôde et vous happe à chaque rencontre.
"...Nous ne sommes pas à l'échelle de ce qui va venir. Le vent va souffler et il se moque de nous, ne nous sent même pas. Les fleuves déborderont et les arbres craqueront. Une colère qui nous dépasse va venir. C'est bien. Les hommes qui restent et verront seront meilleurs que les autres. Nous allons tout perdre. Nous allons nous accrocher à nos pauvres vies commes à des insectes à la branche mais nous serons dans la vérité nue du monde. Le vent ne nous appartient pas. (...)Mois, Josephine Linc. Steelson, pauvre négresse au mileu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule mais j'ai hâte, car il y a de la noblesse à épreouver son insignifiance(...)"
Et puis l'amour qui est.
"Il n'y a que là, que dans ses bras à elle que les voix se taisent, et les flammes s'éteignent. Il n'y aque là et, en le lui disant, c'est comme s'il déposait sa vie à ses pieds. Elle le sait, elle le sent, elle lui prend le visage dans les mains et l'embrasse. Ô le long baiser qui dure et soulève les vies, balaie la poussière de nos errances. Il ne bouge pas. IL sent ses lèvres qui effacent sa vieillesse. Ses lèvres qui balaient les peurs inutiles et la fatigue de vivre."
Un beau roman.
Déboulés, déroulés
Espace habité,
approprié
Tout se tient
suspendu
Au fouillé des notes
au tempo des mots
au tracé sur la page
alors tu lis, tu écoutes
tu chantes, tu danses
tu brodes à ton ciel du jour
encore et encore.
Heures passées
genoux pointus
au chant des vagues
Le sable s'écoule au tamis
Ça glisse, tout fin
cheveux d'ange
à la caresse du vent
Le sable s'écoule au tamis
Les chateaux se font
au grelot de ton rire
paradis de l'enfance
Tes doigts tamisent le temps
Chateaux engloutis, piétinés
Tu t'es faite à l'idée
De guerre lasse
Le temps file entre tes doigts
Le sable rugueux
à la peau
t'arrache des embruns
Le temps, tu sais bien...