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lundi 27 septembre 2010

Quelques mots

 Attachment.png          "Assembler quelques mots" 

 Comment dire ce qui ne se dit pas, quels mots trouver pour dévider l'écheveau de tous ces fils mêlés.  

 Il n'y a pas de mots, je crois. 

 Juste une palpitation des coeurs, une émotion qui prend au dedans. Une déferlante qui chavire le présent. 

 Le concerto n°23 de Mozart lance les notes comme des mots légers, des mots qui n'existent pas dans notre langue. Une invention folle sortie des touches d'un piano.  

 Des escarbilles qui viennent des profondeurs de la Terre, qui assèchent les larmes et brûlent les lèvres. 

 J'aimerais trouver les mots justes, ceux qui comblent l'absence, ceux qui effacent les instants non vécus.

 Dis-moi, trouverons-nous un jour les mots, nos mots, ceux restés dans le puit de notre jeunesse. Dis-moi... 

 

samedi 25 septembre 2010

Et toi ?

 Et toi que deviens-tu ? 

Une petite question banale. Bien souvent une réponse qui l'est tout autant. Pourrait-on dire...

 Eh bien moi, 

 Comment dirais-je ? 

 Je me bouscule, 

 Je me heurte à moi même 

 Je me dérange quelquefois 

 

 Je sors de mes marques 

 Je prends d'autres chemins 

 Je perce l'opercule 

 Je me brode des lendemains 

 Un chemin en contrescarpe 

 

 J'enlace de la lumière les reflets 

 Des crayons en guise de doigts 

 Je gomme les certitudes 

 Je dessine les pourquoi 

 Entre les ombres, une beauté 

Si peu

 Le temps file entre nos doigts 

 Et même en resserrant 

 Fort l'étreinte on ne retient rien 

 ou si peu 

 Il faut alors apprendre 

 Le bonheur du lâcher prise 

Un souffle

Un souffle, une respiration saccadée qui m'ont été déposés là. J'entends bien, je te le dis.

 Un manque d'oxygène, je pense à cette si belle photo déposée par Jean-Michel et à ce texte que j'avais écrit. Je vais le déposer là après cet article. 

 Je pose la jolie chanson que je viens de découvrir grâce à Globox14. Merci à toi de m'offrir ce cadeau. 

Les ongles rongés * funambule 13

 Oui, j'ai si longtemps rongé mes ongles moi aussi ! Si longtemps un euphémisme, en fait de tout temps. Du plus loin qu'il me souvienne j'ai toujours eu le sang au bout des doigts. 

 Suzanne -ma grand-mère- avait grande peur que cela se coince quelque part dans la machine infernale de mon corps. Elle me promettait une maladie ou pire l'appendicite ! 

 J'avais donc le droit de m'éviter ce triste sort à des séances "collage de pansements" sur chaque ongle qui me passeraient l'envie disait-elle. 

 J'ai donc très jeune appris à aimer le goutte du pansement à mes lèvres, la mastication délicate de cette toile tissée que j'avalais consciencieusement avec l'ongle rongé. 

 Le progrès du monde moderne m'a amené, quelques années plus tard, à la pause de ce vernis incolore très amer acheté en pharmacie. 

 Puis tout espoir abandonné j'ai pu pendant quelques décennies ronger mes ongles à loisirs. 

 Mais tout ceci est fini, allez savoir pourquoi !

 J'ai des ongles longs, que je lime ! Je ne l'ai pas voulu mais voilà c'est un fait. L'envie de ronger n'y est plus, pourtant toujours les mêmes peurs. Je n'en suis ni plus triste ni plus heureuse. 

 Vous le voyez bien, les miracles existent...

 Allez une petite prière pour la Brigitte 

 Avec mon coeur pour la faire et mes neuf ongles longs (jen garde toujours un en cas de petite faim) 

 Une petite prière mais sans un signe de croix...que ses ongles poussent longs longs... 

 (Oh la mécréante que je suis, ouh des ongles longs de sorcière - voilà j'ai trouvé qui je suis, pourquoi je vis...) 

Pensée pour la grande, la très grande Barbara.(dont je viens de massacrer un extrait de "la petite cantate") 

 Baisers, pour la douce, très douce Brigitte- oui celle aux ongles rongés que j'aime tant. 

vendredi 24 septembre 2010

À fleur de peau

Pièce jointe.png

Ils affleurent la surface de ma conscience 

Un toucher doux de la soie sur la lame 

Une caresse du bout du doigt 


Une goutte qui perle comme une larme 

Un espoir, une semence 

Des étoiles dans l'infini de la nuit 

Des corps enlacés 

Une note de musique suspendue


 Au bout de l'archet 

 Un effleurement comme une pluie 

 Comme une floraison 

 Comme un frisson 

mercredi 22 septembre 2010

Les livres

 Suis allée à la FNAC ce soir, besoin de me perdre entre les rayonnages. Une source d'oxygène. 

 Pourtant je me souviens, petite, de ce cauchemar récurent. La nuit, couchée dans le lit douillet de la petite chambre chez mes grands-parents : "je suis allongée et les livres tombent sur moi, ils m'écrasent, m'étouffent. Je vais mourir."

 Il y avait au rez de chaussée le dictionnaire grand format -relié cuir vert- en deux volumes de mon grand-père. Je n'avais pas le droit d'y toucher seule. Je m'asseyais sur ses genoux et là, le livre s'ouvrait sur les mots et les images. Une messe lu en quelque sorte.La religion de la connaissance. Nous tournons les pages à quatre mains. Il est maintenant derrière la vitre de ma bibliothèque. Il ne m'a pas écrasé finalement, bien au contraire. Mon enfance est entre ses pages. Comme une fleur séchée. Maman a des edelweiss séchées, je ne sais plus où mais je sais qu'elles lui sont chères. 

Premier livre de Le Clézio acheté ce soir "ritournelle de la faim". "(...)Le Boléro n'est pas une pièce musicale comme les autres. Il est une prohétie. Il raconte l'histoire d'une colère, d'une faim."

 J'ai vu le Boléro de Ravel par L'Opéra de Paris il y a fort longtemps. Une émotion sans nom. 

 Ma

lundi 20 septembre 2010

Défi n°38 - Le temps d'aimer

  "Vous avez une officine d'écrivain public. 

 Donnez-nous à lire la plus belle lettre qu'on vous ait demandé d'écrire." Proposé par Eglantine. 

 

 Il était entré par une fin d'après-midi ensoleillée. En quelques mots, il parvint à expliquer ce qu'il ne pouvait écrire lui-même. 

 Amoureux il était, mais ne pouvait l'écrire encore moins le dire... Une paralysie des doigts, des lèvres provoquée par la peur de se donner l'entrainait dans une relation douloureuse. 


 Ma Belle,

 Je suis depuis plusieurs mois accroché à tes paupières, à ton sourire, au moindre de tes gestes. Nul ne peut imaginer combien tu me manques lorsque tu n'es pas là et combien ta présence quelquefois me pèse. 

 Je ferme  les yeux et je peux, là, décrire très exactement la tenue que tu portais lors de notre dernière rencontre.Je peux répéter tes mots qui s'impriment en moi sitôt qu'ils franchissent tes lèvres. 

 Ton caractère si pétillant me renverse et me torture. Tes attentes me comblent et m'apeurent. Je sais par un mot te blesser ou te faire rire. 

 Certains me trouveraient "sans coeur". Ils se trompent. J'en ai un mais ne sais pas toujours de quoi l'emplir. 

 Il me faut du temps pour que mes bras puissent t'enlacer, pour que mes lèvres se posent sur les tiennes. 

 Je sais que je t'aime mal mais je t'aime. 

 Donne moi le temps... 

 Baisers doux

 X 

dimanche 19 septembre 2010

Une lézarde de soleil

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J'ai cueilli hier les dernières roses écloses au jardin et les ai offertes à Suzanne. Il y avait longtemps que nous ne nous étions parlé. 

 

 Toujours dans mes pensées mais là me suis posé auprès d'elle pour lui raconter. Elle sait écouter, elle a toujours su. 

 

 Elle a cet art des vieilles personnes de demander sans poser de questions. Sans doute toutes ces rides posées là sur son visage cachent tout ce qu'elle écoute sans jamais répéter. Un parchemin qu'elle porte sur elle. L'écriture de nos vies. 

 

 Un chemin au front et sur les joues. Et des mains qui font s'envoler les nuages ​​lorsqu'elle les pose sur nous. 

  

 Elle est là, à chaque détour. Elle emplit nos poches de bonbons sucrés, de cailloux blancs de peur de nous perdre. Toujours revenir à elle. 

 

 Elle a gommé mes ombres et m'a offert la sienne. 

 

 Il faisait beau hier. Le soleil se jouait des lézardes du mur blanc qui entourent le cimetière. 

jeudi 16 septembre 2010

Arrimée

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Je m'accroche, je résiste 

Les doigts m'en font mal 

Oui, ça coûte que ça coûte 

 

Je tiens les fils serrés 

Des fils d'or et de soie

Contre moi comme jamais 

 

Mon visage se froisse 

Devant le miroir 

Un reflet d'angoisse 

 

Quelques messages laissés là 

La nuit s'embrase dans leurs mots 

Mes inconnus m'entraînent dans leur pas 

 

Des pas de ballerine, pas chassés 

Des élans vers demain 

Comment vous remercier ? 

mardi 14 septembre 2010

A l'autre bout

 À l'autre bout de ce mirage 

 Il y a

 Un je ne sais qui, un je ne sais quoi 


 A l'autre bout de l'écho des grelots 

 Il y a

 Des presque riens à fendiller l'âme 

 

 À l'autre bout de l'attente 

 Il y a

 Une étreinte, une osmose 

 

 A l'autre bout de la cigarette 

 Il y a

 Une braise incandescente 

 Qui éclaire la nuit 

 

 À l'autre bout de la nuit 

 Il y a

cette cendre 

Qui recouvre le monde 

dimanche 12 septembre 2010

A la nuit noire * funambule 12

 A la nuit noire, mardi mes pas m'ont tout naturellement conduits là-bas... 

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 Une place déserte, d'une beauté à pleurer, un écho sous les voutes de la promenade. 

Et là, au milieu, ce jardin, grilles fermées. J'en ai fait deux fois le tour. Retrouver les cailloux qui nous avaient menées là, à pas comptés.

Et je nous y ai vu, là sur notre banc berceau. Une ombre de nous y est restée je crois. 

Il a sans doute encore dans ses veines, les mots, les mots et les rires, les rires et les pétillements dans les yeux, des pépites de soleil... 

Je sais désormais que même au plus noir, il y a ce jardin qui éclaire... 

samedi 11 septembre 2010

La juste réponse * funambule 11

 A quoi passer sa vie ? Sinon chercher à des réponses. Et nos réponses ne seraient pas justes ? Oui tu as raison, qui est dans le vrai, le juste ?

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 Les réponses qui s'imposent à moi sont justes, juste pour moi. Elles me construisent ou me détruisent mais toujours elles s'ajoutent aux piles dans mes valises. Celles que j'ai sous les yeux et qui me font être qui je suis...Qui suis-je au juste ?  

Juste moi. 

Tu es juste toi.

Et nous sommes juste les uns tout contre les autres, face à nos vies. Désarmantes, alarmantes mais si riches en émotion, en questionnement.   

Si la vie est notre œuvre, je crois bien que la juste réponse est là : une simplicité dans l'essentiel. Se trouver dans l'harmonie de l'instant de la création. Je reprends cette phrase à laquelle je veux croire absolument. 

 L'œuvre aura (...) cette simplicité où tout est harmonieux, où tout semble facile, et qui en art, est le début et la fin (...) la simplicité fixe l'essentiel.
Auguste Rodin 1913. 

 

Notre essentiel, n'est-ce pas. Un art de l'équilibre, des faux pas à éviter. Tu sais cette jolie phrase du fleuve fantôme...tirée de "La vie promise". 

 

Un début de réponse...au bout de nos doigts fins...La vie, la Superbe.