Je reprends un extrait de ce défi des croqueurs de mots écrit en novembre 2010.J'en écris là, la suite et la fin. Le jour hier a pris couleur Sépia. Une page s'est tournée. Des enfants ont grandi et nous avons vieilli.
"Volets fermés, chaleur des radiateurs. Je somnole, tout près d'elle...
Je suis arrivée là, un après-midi d'avril. Dans cette grande maison, pleine de cris, d'accords de guitare, de notes de piano.
Des petits énergumènes qui vont et viennent toujours. Des calins, des jeux dans le jardin. Des lunettes que l'on me pose sur le museau, des chapeaux sur la tête.
Le soir, portes de leurs chambres ouvertes. Je m'y glisse et dors sur les lits. Un amour fou.
Il y a lui, le maître, mon maître ! Mon baromètre. Il fait mes jours, il me lave, me caline, me nourrit et me soigne. Il me claque le derrière quelquefois mais je l'aime inconsidérement."
"La famille s'est aggrandie avec un petit, qui est arrivé il y a un an déjà. Je le suis du regard, il est aimant et m'appelle de ses sourires.
Je vieillis et la maladie s'est installée en moi. Il me faut profiter d'eux, je sens. Envahir chaque espace de leur vie et chauffer ma vieille carcasse à la leur.
Depuis quelques jours mes pattes ne répondent plus. Il me hissent, me tirent, me portent. Je me colle à eux et les voit si tristes...
Je suis partie ce soir et ne les verrai plus. Je suis dans le fond du jardin à l'ombre des feuilles rouges. Là où j'ai grandi et auprès de ceux que j'ai tant aimés. Qui prendra soin d'eux ?"