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mardi 25 juin 2013

Couleur Sépia

Je reprends un extrait de ce défi des croqueurs de mots écrit en novembre 2010.J'en écris là, la suite et la fin. Le jour hier a pris couleur Sépia. Une page s'est tournée. Des enfants ont grandi et nous avons vieilli.


 "Volets fermés, chaleur des radiateurs. Je somnole, tout près d'elle... 

 Je suis arrivée là, un après-midi d'avril. Dans cette grande maison, pleine de cris, d'accords de guitare, de notes de piano. 

Des petits énergumènes qui vont et viennent toujours. Des calins, des jeux dans le jardin. Des lunettes que l'on me pose sur le museau, des chapeaux sur la tête.  

Le soir, portes de leurs chambres ouvertes. Je m'y glisse et dors sur les lits. Un amour fou. 

Il y a lui, le maître, mon maître ! Mon baromètre. Il fait mes jours, il me lave, me caline, me nourrit et me soigne. Il me claque le derrière quelquefois mais je l'aime inconsidérement." 

"La famille s'est aggrandie avec un petit, qui est arrivé il y a un an déjà. Je le suis du regard, il est aimant et m'appelle de ses sourires. 

Je vieillis et la maladie s'est installée en moi. Il me faut profiter d'eux, je sens. Envahir chaque espace de leur vie et chauffer ma vieille carcasse à la leur. 

Depuis quelques jours mes pattes ne répondent plus. Il me hissent, me tirent, me portent. Je me colle à eux et les voit si tristes...

Je suis partie ce soir et ne les verrai plus. Je suis dans le fond du jardin à l'ombre des feuilles rouges. Là où j'ai grandi et auprès de ceux que j'ai tant aimés. Qui prendra soin d'eux ?" 

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samedi 22 juin 2013

Dans la focale des mots

Tu voyages, 

un chemin, 

mots cailloux 

photographiés, 

la guirlande linéaire se déroule

du Nord au Sud dit-il 

tu sens le rythme qui t'enlace 

l'horizon dans l'objectif 

se mire 

à la couleur de tes lectures. 

vendredi 21 juin 2013

Pour que

Il aura fallu 

que le ciel s'obscurcisse 

que l'encre noire 

seiche les yeux océans 

que la Terre s'ouvre 

que la chair pressée 

jute des veines

Pour que je comprenne 

qu'il n'est rien d'écrit 

au marbre du coeur

au papier de la nappe 

dimanche 16 juin 2013

Ombrelles

Tombée du jour 

les corolles blanches, 

ombrelles de papier, 

chinoisent les ombres. 

mercredi 12 juin 2013

L'oiseau

Fin d'après-midi studieuse. Lampe de bureau allumée. Elle pense alors à cette peur du noir qu'elle avait petite fille. Le serrement du coeur lorsqu'elle entrait dans la chambre et courait jusqu'au lit de peur que des mains sortent de dessous le sommier et l'attrapent pour l'entrainer, elle ne savait trop où.

 Elle a senti ce serrement lorsque l'oiseau s'est engouffré en elle. Les battement d'ailes affolés. 

Très vite l'encager. Tenir l'angoisse à distance.  

Des mots, ses mots. Tout s'apaise. 

Mort l'oiseau. 

mardi 11 juin 2013

Voir la mer

Cette envie depuis longtemps, 

aller affronter l'élément 

se défaire du collant 

Epouiller le temps 

de tous les contretemps 

qui mangent les sangs


Devenir 

celle qui danse 

au chant des vagues 

celle qui rit 

au cri de la mouette 

celle qui chérit 

l'immensité du ciel et de la mer


Celle qui... 

lundi 3 juin 2013

C'est fou, c'est flou

Juste une chanson 

qui me plait bien et 

qui n'a rien à voir 

allez savoir 

Parce que c'est flou, c'est fou 

d'en avoir partout 

Dans les recoins de la tête 

des mots, des petits bouts 

de phrases 

des images, des sons 

des senteurs 

C'est fou de ne pas prendre 

 le temps de poser 

de se poser 

Pause amoureuse 

pour une ronde des mots.