Elle l'a suivi du regard
Il a tourné le coin de la rue
ne s'est pas retourné
Elle a senti
son cœur se détacher
et tomber plus bas que.
Elle a imaginé
de longues heures durant
son corps gracile
revenir vers elle.
Elle l'a suivi du regard
Il a tourné le coin de la rue
ne s'est pas retourné
Elle a senti
son cœur se détacher
et tomber plus bas que.
Elle a imaginé
de longues heures durant
son corps gracile
revenir vers elle.
Rideau de pluie incessante
Des flaques trous d'ombre
les pensées noires s'emmêlent
Au gris des rues
Les pleurs s'insinuent
Au corps douloureux
Il s'en est fallu de peu
Pour que ce matin
Elle refuse de vivre
Ce jour là.
Il y avait eu
Une Mélanie douce et affirmée
Un Alexandre rieur et bon
Je pensais alors que j'avais tant donné et reçu
Que je savais tout du sentiment
D'aimer un enfant.
Il y a quatre ans,
Un petit est né.
Un petit Lucas.
La terre tourne alors, autrement...
Autour de lui
Très certainement.
Il est rieur et rend tout
pétillant, aimant.
"La vie est vraiment formidable" m'a t-il dit
la semaine dernière
En moi, un amour insatiable pour ce
"petit cœur à mamie"
a fait son nid
Tu as raison, petit chéri,
Tu fais belle la vie,
Je te souhaite un bon anniversaire.
Mamie - 20 mai 2016
Elle se dit
qu'elle vient de vivre
une journée peu ordinaire.
un goutte à goutte
douloureux.
Elle se dit que le temps
d'hier était heureux
qu'ils étaient jeunes et rieurs
que la vie s'offrait à eux loin devant.
Tu es mon ciel, mon orage
Je suis ta terre, ton vallon.
Tu, je,
Une prairie.
Un champ de coquelicots
fragiles mais si souples à la tempête
Un champ de blé
bruissant au vent
doré sous le soleil
Nous sommes
la vie,
passionnément.
le ciel enfin
crève l'abcès
il pleut à chaudes larmes,
les siennes dit-elle.
Il a fallu ce jour entier
pour que le ciel ouvre
enfin ses valises trop lourdes.
Trop lourdes.
A en pleurer.
Les miennes, je me dis.
Nos larmes.
Larges et puissantes
comme des mains
qui supporteraient
le monde.
Comme des mains.
Y poser son visage
Et laisser couler
"E justo"
beau à nous réconcilier avec la vie.
Elle se demande
qui a bien pu pleurer autant.
Elle se dit que le plomb fondu,
forges du temps qui passe,
a saisi le ciel
dans un silence assourdissant.