Suis allée à la FNAC ce soir, besoin de me perdre entre les rayonnages. Une source d'oxygène.
Pourtant je me souviens, petite, de ce cauchemar récurent. La nuit, couchée dans le lit douillet de la petite chambre chez mes grands-parents : "je suis allongée et les livres tombent sur moi, ils m'écrasent, m'étouffent. Je vais mourir."
Il y avait au rez de chaussée le dictionnaire grand format -relié cuir vert- en deux volumes de mon grand-père. Je n'avais pas le droit d'y toucher seule. Je m'asseyais sur ses genoux et là, le livre s'ouvrait sur les mots et les images. Une messe lu en quelque sorte.La religion de la connaissance. Nous tournons les pages à quatre mains. Il est maintenant derrière la vitre de ma bibliothèque. Il ne m'a pas écrasé finalement, bien au contraire. Mon enfance est entre ses pages. Comme une fleur séchée. Maman a des edelweiss séchées, je ne sais plus où mais je sais qu'elles lui sont chères.
Premier livre de Le Clézio acheté ce soir "ritournelle de la faim". "(...)Le Boléro n'est pas une pièce musicale comme les autres. Il est une prohétie. Il raconte l'histoire d'une colère, d'une faim."
J'ai vu le Boléro de Ravel par L'Opéra de Paris il y a fort longtemps. Une émotion sans nom.
Ma
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