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samedi 30 mars 2024

Elle

​Elle a si langoureusement 

Balayé les courbes des collines

Que le vent s’y est posé 

Comme un baiser


D’un doigt elle a créé 

La profondeur du fleuve

Alors la rive telle un crayon à lèvres 

En a dessiné les contours


D’un grand rire

Elle a retourné la Terre

Régalé les corbeaux en bandes

Ouvert le ciel, horizon déferlant 

Loin devant


En un claquement de cils

Elle s’y est noyée 

Mordant au passage les nuages,

Effilochées de rêves inassouvis.





mercredi 13 mars 2024

Aller

​Ne prends pas ma main

Laisse moi la liberté

Mes poignets lâchés


De ne pas songer

Au mouvement qui naît

Là à l’effleuré


De mes intentions 

Laisse moi cueillir la pluie

Pétales de la nuit.





Saison

​Regarde un peu

Sa bouche rieuse

Lèvres fermées


Entends tu sourdre

De tout son corps

Le pépiement des oiseaux


De ses yeux étonnés

De ses lèvres entrouvertes

Des boucles de ses cheveux défaits


Des oiseaux en bandes folles

S’élancent en déboulés

Vacarme assourdissant 


De la vie qui s’amène

Et bouscule

À coups de triolets sonores

Les sombres heures

De l’hiver.





mercredi 14 février 2024

Au point du jour

​Ce jour là viendra

Dans un éclat de rosée

Cueillir ton passé


Paupières cousues

Tu laisseras les rêves

Tomber à tes pieds


L’écrin de tes mains 

Portera la parole

Au printemps muet.

vendredi 9 février 2024

Farandole

​la pluie en ton chant

Parfume les cœurs blessés

Oiseau guérisseur 


Danse des nuages

Dessin de tes ombres portées

File la laine


Ta peau à sa peau

Dans un déluge fleuri

Souffle de printemps



samedi 3 février 2024

Fol espoir

​Perle d’eau

Elle enjambe

Les caniveaux

Les langues de terre

Baignées dans ses parfums

Laissés là en jachère.


Des clapotis de l’eau

Ne naissent

Que de vilains crapauds


Elle troquerait bien

Pour un brin d’amour

Les peaux de lapins

Accrochées à sa taille

Elle le suivrait où

Qu’il aille


Pourvu que sous ses pas

Il y ait des jours sans faim

Que dans ses bras

Des milliers d’oiseaux

Pépiants à tous les vents

Écartent les roseaux

Et laissent passer l’enfant


Le chant de la eau

Dans ses yeux

Agité ses grelots.





jeudi 1 février 2024

Alphonse

Assise sur ses genoux, côté droit de la longue table.

Assise sur ses genoux, côté droit de la longue table. sur la nappe de toile cirée. Le monde s’ouvrait à ma soif d’apprentissage et tu en étais le maître de cérémonie. Ces deux tomes me semblaient si énormes que j’étais, la nuit, écrasée sous eux et me réveillais suffocante et trempée.

De tous les trésors contenus dans ces deux volumes, tu restes le plus grand. Grand-père, page 1030. Les lignes se troublent.

Figure emblématique de mon enfance

J’ai aimé ta lenteur en toute chose

Ma main dans la tienne, tes mots comptés

Ton crayon critérium noir et ton journal.

Ton béret vissé à la tête, France triomphante. « Ne sors pas sans ton cache nez, tu vas prendre froid. Et met ton gilet. »

Je t’ai vu ce jour là dans le lit de la grande chambre où j’ai si souvent dormi. Dans la douleur d’un cœur qui tout à coup battait trop fort, trop vite alors que tes mains et tes jambes ralentissaient leur allure de jour en jour,

Tu es parti un mercredi de mes quatorze ans à l’heure du goûter et pourtant ta main tient toujours la mienne.

mardi 30 janvier 2024

De l’amour

Ne pas se contenter de lire à la page ouverte, se garder de toute facilité.

Il faudrait en lectrice amoureuse revenir au paragraphe, au chapitre précédent. Ne pas hésiter à décortiquer les phrases, y chercher la rupture de style.

En toute confidence, il ne faut pas toujours se fier aux mots, à la mise en page. Aimer certes mais se tenir à la marge. 

De vous à moi, il faut lire à s’en dessiller les yeux, anticiper le dénouement avant que l’on ne vous referme le livre sur les doigts.

dimanche 28 janvier 2024

Relecture

​Au delà del as beauté de ton regard 

il y a

Il y a ta pupille, point

Qui l’interroge


Jeu de miroirs

L’un est l’autre

Palette de couleurs


Où vous tenir ?

À la pointe de tes cils

À la naissance de sa larme


Les regards s’enlacent

Dans la caresse

D’un plissé de sourire


Sursaut d’un passé intranquille

Ton regard à ses lèvres 

Ses mots au sel de tes cheveux


Les yeux dans les yeux

Relire l’histoire.



 




dimanche 14 mai 2023

Noir

​Passer la porte,

Entrer dans la lumière

Surtout n’éteignez pas

J’ai peur du noir et de la solitude.

vendredi 12 mai 2023

Un jour peut être

​Tu as vu, entendu

Tu as parlé au vent

La folle espérance s’est fondue à la nuit

Tu as crié, hurlé

Tu as mordu les astres morts

La nuit t’a cueillie comme toujours

Tu veux tout

Le mystère et le savoir

Le jour sans doute t’apportera quelques réponses  

samedi 8 janvier 2022

Ainsi nous avons su - Brigitte Giraud

J’ai trouvé hier un petit caillou dans ma boîte aux lettres. Un de ceux que j’affectionne et dont j’ai toujours aimé emplir mes poches.

Dans un écrin de papier fin, le premier titre de la collection Feuillets de nuits des Éditions Aux cailloux des chemins. La marraine Brigitte Giraud, nous offre Ainsi nous avons su.

Au delà de la beauté du graphisme délicat et sans fard de cette nouvelle collection, je succombe à ce don d’écriture si particulier de Brigitte ma très chère et tendre amie.

Les mots sont si bien choisis, qu’ils se répercutent en moi comme un écho de ce que je ne saurais pas dire encore moins écrire.  Ainsi nous avons su : des rencontres, des émotions et la vie qui est là.

« j’écris ces mots parce que l’essentiel, une sorte d’essentiel, un jour restera au fond du bol. » Brigitte Giraud - extrait 

Je vous conseille donc d’aller sur le chemin de ces belles Éditions, et comme on met avec bonheur un caillou dans sa poche, d’adhérer et de découvrir ainsi ce premier volume Ainsi nous avons su de Brigitte Giraud

Aux-cailloux-des-chemins.fr

mardi 20 juillet 2021

jeudi 3 juin 2021

Écrire

Chaque vague éclatée réveille à la vie. Chaque reflet tape à l’œil et je n’ai qu’à entrouvrir les lèvres pour goûter au salé de l’air.

Des milliers de mots se déversent sur le sable, écume du monde là devant. Le silence est mort et le chant des flots comme le flot des mots me chavire.


Il est temps de renaître et de se jeter à l’eau...

dimanche 1 novembre 2020

Si loin





Il parle, ses lèvres bougent

Elle n’entend pas ses mots

Le vent éteint les murmures


Son cœur-tambour

Bat à la vitre brouillée

Aux plis de ses yeux

Se dessinent déjà

Les tourments de l’absence.


Elle pense tant à lui

Que son corps se fend 

Comme un bois mort.



dimanche 6 septembre 2020

Rentrée 2

​Un masque sur la bouche et le nez

Paris odorat masqué

Les yeux se plissent, deviner la grimace

De ce temps à oublier.

Nous marchons sous les marronniers

Autour de l’église Saint-Lambert.


Je ramasse un marron peut-être contaminé

Ma poche est trouée et mes rêves sont vides.

samedi 5 septembre 2020

Rentrée

​un masque sur la bouche et le nez

Paris odorat bandé

Finalement pas si mal.

Nous marchons sous les marronniers

Autour de l’église Saint -Lambert

Je ramasse les premiers marrons tombés

Je cherche machinalement la poche

de ma blouse noire  à col claudine fleuri

Débandade de l’esprit

L’automne est là.


vendredi 14 août 2020

Halte

Du soleil au soleil

Entre hier et aujourd'hui

La nature toujours et ses merveilles

Possible oubli de la bêtise humaine.

J'ai entendu ce matin, la femme rouée de coups dans le bus pour un masque. Les humanitaires français tués au Niger.


samedi 30 mai 2020

A l’horizontale

Sous les tuiles rouges brûlantes les murs étincelants.

Sous le ciel bleu les oiseaux ailes déployées comme de longues ombrelles.

Sous le vent léger les feuilles bruissantes des arbres.

Lorsque les pieds ne touchent pas terre, je ne suis qu’un élément parmi les autres. La vie se balance. Tantôt oui, tantôt non.

L’odeur de la terre se colle à la mémoire et ramène au chemin des herbes hautes de l’enfance. Aux abricots juteux. Aux prunes fendues sucrées qui tachent le petit débardeur blanc.

Lorsque le hamac me berce tantôt hier, tantôt demain, je ne suis que l’instant et rien ne presse.

jeudi 14 mai 2020

Et puis

​Le jardin est habité

Le vent dans les branches

La pluie a tout lavé

Tout recommence